22 Nov, 2017

Jean-Pierre Thorn (réalisateur)


" Un film - poème vibrant - fragile et puissant, tendre et cruel, beau comme tout… d’un cinéaste déambulant dans le Paris d’aujourd’hui sur les traces de ses amours.
François Caillat - avec une sincérité et une pudeur qui forcent le respect - explore l’homme, qu’il fut et qu’il est devenu, à travers le souvenir des premières femmes qui l’ont construit et le constituent.

Film bouleversant d’un homme qui revisite son passé, essaye de comprendre, tente de faire revivre chacune des amoureuses qui peuplent sa vie et qui, ici, n’ont pas de prénom : de la lycéenne maladroite du square d’Alboni, à l’Egyptienne philosophe de la rue des Gâtines, à la dissidente chilienne lumineuse de Nogent-sur-Marne, à la sauvageonne jamais apprivoisée de la rue Basfroi, à la comédienne, ivre d’absolu, de la rue des Rosiers…
Une ode à Paris, ses labyrinthes, ses recoins, ses jardins publics, ses angles perdus, ses portes cochères, ses chambrettes mansardées, ses quais de Seine, ses squares délicieux.
Toute une géographie amoureuse se déroule sous nos yeux ensorcelés : « Un jour tout disparaît et il reste seulement les lieux pour s’en souvenir » : cage d’escalier sombre des premiers émois au métro Passy, angle fascinant de l’appartement studieux derrière Gambetta, volets des amours cloîtrés sous la canicule du HLM de Nogent, rideaux diaphanes de l’ancienne fonderie devenue squat, doux bruissements d’une bâche rue des Rosiers ou tag hiéroglyphe mystérieux au coin de l’immeuble…

Déambulation lancinante et musicale, entrelaçant bribes d’architectures, déplacements en métro aériens, fragments de photos jaunies, mots d’amour, dessins tendres, télégramme froid, bouts de films amateurs «super 8» et extraits des premiers films de jeunesse.
Tout se devine, rien ne se voit : étonnante mosaïque - puzzle amoureux - pour questionner le passé, travailler sur soi, s’interroger sur le pourquoi de cette tension, de cette soif de dépassement, de cet effort désespéré où réside sans doute « l’héroïsme de l’amour » ?
Et finalement - au-delà cette histoire intime et singulière - celle d’une génération qui avait 17 ans en 68.
Ce qui m’a toujours bouleversé au cinéma c’est l’art de capter des éclats de vie fugitive qui ne se reproduiront jamais plus, cet art de saisir l’éternité d’un instant face à l’avancée inexorable de la mort.
À travers l’innocence des objets et des espaces, refaire vivre, intactes, les traces de l’émerveillement d’une rencontre puis de sa disparition. Pour tenter de ne pas oublier ! "
    « … Alors, ô ma beauté, dites à la vermine
    Qui vous mangera de baisers
    Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
    De mes amours décomposés ! »
    (“Les fleurs du Mal”, Ch. Baudelaire)

Jean-Pierre Thorn
Réalisateur de Faire kiffer les anges (1996),
On n'est pas des marques de vélo (2003), Allez Yallah ! (2006),
93, la belle rebelle (2011)


Mariana Otero (réalisatrice)

"Le film est très émouvant et il dégage une grande tristesse. Une tristesse lumineuse et précise."

Guy Baudon (MEDIAPART)

"D'un sujet éminemment personnel et intime, François Caillat en fait une œuvre qui nous touche, nous émeut et nous invite à visiter notre propre histoire."

Mathilde Blottière (TÉLÉRAMA)

"François Caillat signe un beau film élégiaque, traversé des fragments d'un passé placé sous le signe de la passion. Une autobiographie poétique où vibre l'universalité des sentiments."