19 Sep, 2017

LE FIGARO (03/04/2013)

La Maison de la radio de Nicolas Philibert, et Une jeunesse amoureuse de François Caillat, deux documentaires qui instaurent un contrepoint entre la parole et l'image.

Si l'on attend un documentaire informatif, une visite exhaustive ou une enquête, on sera déçu par La Maison de la radio. Déçu en bien, comme on dit en Suisse. Car la signature de Nicolas Philibert nous garantit un regard singulier et une promenade originale à l'intérieur de la célèbre Maison ronde. Le réalisateur de La Ville Louvre (peut-être celui de ses films dont La Maison de la radio est le plus proche cousin) entre dans ce lieu professionnel comme dans une fourmilière où tout le monde s'active. Son pari, malicieux et poétique, est de filmer un média qui repose justement sur l'absence d'images.

Au royaume des voix, des musiques, des bruits et des silences, que vient faire la caméra? Et que va-t-elle faire? Elle ajoute de l'espace, de la chair, du sourire. Elle fait irruption sans explication dans une émission d'information, un enregistrement d'orchestre, une lecture dramatique. Elle revient, comme le refrain d'une ritournelle, sur le plateau où tombent en vrac nouvelles et faits divers, qu'on retiendra ou non. Elle rôde autour d'une fabuleuse machine à bricoler les sons. Elle s'invite dans un bureau surencombré où les piles de CD laissent à peine apparaître la tête joviale de Frédéric Lodéon. Peu de noms, peu de titres d'émission. Peu de repères. On déambule comme au hasard, du matin au cœur de la nuit, dans un labyrinthe bizarre où l'on devient vite familier des surprises. Le montage s'amuse à couper net, à reprendre plus loin, guillerette petite symphonie concertante qui rattrape ses thèmes, les développe, les varie avec humour et précision. C'est un exercice d'attention. Tout en perceptions. Écouter voir: savoureux programme.

Une romance du bien-aimer

Un autre documentariste, François Caillat, tire un parti très personnel de la réalité dans Une jeunesse amoureuse. Chez lui aussi, l'image et la voix se nouent subtilement, tissant une étoffe aérienne de souvenirs songeurs. Moins de perceptions, plus d'impressions et d'émotions. La voix prend en charge le récit des aventures amoureuses d'un étudiant bourgeois des années 1970, découvrant le militantisme révolutionnaire et la libération sexuelle.

On se lasserait, peut-être, de cette collection d'aventures, si elle était montrée. Mais elle est dite, et rime gracieusement avec les balcons et les fenêtres de Paris, les statues du Luxembourg et les fines pattes d'éléphant du pont de Bir-Hakeim. Jamais on n'avait filmé ces détails architecturaux avec un si merveilleux pouvoir de suggestion, comme un trait, un geste d'un être cher. La ville se confond avec la femme, ce récit est un poème, cette balade une ballade. Une romance du bien-aimer.

L'AFFICHE DU FILM

  • affiche_une_jeunesse_amoureuse

LA PRESSE EN PARLE...

Journal "LE MONDE"...

journal-le-monde-une-jeunesse-amoureuse"Une jeunesse amoureuse" : cartographie du temps qui passe François Caillat a eu vingt ans en 1970. De ce constat, d'une certaine banalité, il a pourtant décidé de faire un film. Un film à la fois intime et universel, qui tourne autour de ses amours disparues et de sa jeunesse, partant d'une époque qui semble elle-même à jamais révolue. Sans doute est-ce le fait de toute époque, et c'est d'ailleurs pourquoi ce film touchera tout spectateur...

TÉLÉRAMA (03/04/2013)

journal-le-monde-une-jeunesse-amoureuse-2C'est le récit d'une éducation sentimentale dans le Paris des années 1970. Le documentariste François Caillat part sur les traces de sa jeunesse avec l'envie de faire parler les lieux. Des traces, il en reste peu dans la ville d'aujourd'hui. Quelques façades d'immeuble sans mystère, une allée bordant la Seine... Alors d'où viennent l'émotion qui grandit à mesure que l'auteur refait sa carte du Tendre et cette impression qu'un monde englouti reprend...

LE FIGARO (03/04/2013)

le-figaro-une-jeunesse-amoureuseLa Maison de la radio de Nicolas Philibert, et Une jeunesse amoureuse de François Caillat, deux documentaires qui instaurent un contrepoint entre la parole et l'image. Si l'on attend un documentaire informatif, une visite exhaustive ou une enquête, on sera déçu par La Maison de la radio. Déçu en bien, comme on dit en Suisse. Car la signature de Nicolas Philibert nous garantit un regard singulier et une promenade originale à l'intérieur de la célèbre...

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Mariana Otero (réalisatrice)

"Le film est très émouvant et il dégage une grande tristesse. Une tristesse lumineuse et précise."

Guy Baudon (MEDIAPART)

"D'un sujet éminemment personnel et intime, François Caillat en fait une œuvre qui nous touche, nous émeut et nous invite à visiter notre propre histoire."

Mathilde Blottière (TÉLÉRAMA)

"François Caillat signe un beau film élégiaque, traversé des fragments d'un passé placé sous le signe de la passion. Une autobiographie poétique où vibre l'universalité des sentiments."